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Depuis la naissance de ce festival (1993), le Mac de
Créteil a toujours brillé par une programmation curieuse et
inventive dans les choix des artistes invités, des installations,
des musiciens et des metteurs en scènes. Festival multidisciplinaire
qui reste un temps fort dans la saison théâtrale parisienne,
l'interactivité est modulée sous des fréquences variables et
variées. Cette année encore, le son, les vibrations, la lumière
forment réseau à chaque station de l'exposition Lumières sonores !
Courez pendant qu'il en est encore temps pour voir l'exposition et
pourquoi une performance scénique dans la riche programmation de ce
festival.
Aux confluences de l'art vidéo, du mouvement Light & Space dont
Turrell en est la figure de proue, de l'optic'art et de l'art
sonore, nous sommes toujours plus intrigués par la subversion
artistique de la technologie. L'art numérique, appellation nébuleuse
pour couvrir les expérimentations autant scientifiques et
artistiques, perturbe les divisions disciplinaires. L'art serait
avant tout créativité d'objets polymorphes et surtout
programmatiques. La science serait, elle aussi, une métaphore
branchée et débranchée sur capteur. Toute ressemblance avec des
objets déjà connus est accessoirement fortuite.
En attendant l'installation d'Edwin van der Heide (le sam.31 et
dimanche 1 avril), des rayons lasers couvrent et tracent des sons.
Un peu de fumée nous les rend statiques et suspendus. L'approche de
l'artiste hollandais remplace l'oscilloscope 2D par deux lasers 3D,
pour sculpter des sons et des images en temps réel au gré d'une
performance aléatoire. Cette invitation rentre dans un Focus sur le
design néerlandais. On pourrait encore citer l'iconoclaste Maarten
Baas, qui brûle au chalumeau des mobiliers de grand designers, ou la
présentation onirique et décalée du fashion néerlandais dans le
travail du photographe Carmen Freudenthal et de la styliste Elle
Verhagen, etc.
A chaque installation, vous êtes invités à prendre contact avec une
nouvelle manière d'articuler la topique lumière et son. Chaque
artefact irradie des ondulations et des spectres filtrés par
d'autres machines. Un flyer déchiré en courbe vous initie à de
l'aléatoire non graphologique mais 'akou-graphiques'. Vous pouvez
toujours crier dans un tambour de machines à laver pour que
l'enregistrement module un écho électro-acoustique. Un froissement
de fond sonore imprègne toute vacuité, à moins que nous programmions
une pichenette ou quelques aléatoire gestes pour analyser des
échanges spatiaux et sonores. Une table de jeu pourrait vous
encourager à damer le pion à quelques comparses pour créer quelques
rythmiques de lutte virtuelle. Descendons les paliers de la caverne
technologique. La symphonie des ampoules d'Alexandre Burton (Canada)
s'amuse à la systématique de « Condemned Bulbs ».
Des ampoules géantes deviennent instruments d'implacables et
d'obscures cosmogonies. Plus loin, en descendant et en explorant les
ateliers interdits au public, nous découvrons un curieux « Orgabulles » de
Jacques Rémus (France), hybride entre table de laboratoire
biochimique et orgue d'église. Plus loin dans les ateliers, on
découvre l'îlot claquemuré d'une blancheur étincelante. Un nouveau
dispositif « Ondulation » de Thomas McIntosh (Canada/Finlande)
s'ingénie à des vibrations métaphysiques d'un plan d'eau. Par
projection latérale ou horizontale, une impulsion invite à quelques
verticalités contemplatives.
Dimitri Jageneau
mars 2006
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