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Quelle
a été la genèse de ce film ?
L’histoire
a été développée avec beaucoup d’attention. Aucun des dialogues n’étaient
écrits, ils ont tous été improvisés. Nous avons découvert les autres
personnages du film au fur et à mesure du tournage. (…) De cette manière,
j’ai vraiment aimé interpréter Charley, c’était très chouette.
(…)
J’était très intéressé par le procédé de tournage, qui était vraiment
excitant pour moi. C’est un film conçu comme ceux des années 50/60, comme
ceux de John
Cassavets. Ce n’est pas une idée nouvelle pour le cinéma américain mais
l’utilisation de la vidéo digitale a rendu la chose plus facile, en
particulier avec le passage en 35 millimètre.
Avez-vous tourné le film dans le même ordre que l’histoire ?
Lors
du voyage, il y a eu quelques bonds, nous ne nous sommes pas arrêtés à
toutes les étapes présentes dans le film, mais tout a été filmé en
suivant l’ordre chronologique du scénario, à l’exception de la scène du
casino, trop onéreuse pour être tournée à Las Vegas même.
Combien de temps le tournage a-t-il duré et les acteurs étaient-ils
tous des professionnels ?
Le
tournage a duré environ un mois, ce qui donne une centaine d’heures de
rush. (…)
L’équipe
de tournage au grand complet se composait de 12 personnes. Un tiers des
acteurs seulement était des professionnels comme moi, Kevin Corrigan, Bianca
Bakija ou Woody Harrelson ! Les prostituées de Las Vegas, par exemple, étaient
de vraies prostituées. La scène où Miles arrive dans le bar pour lire son
poème n’était pas prévue du tout ; nous y sommes entré cinq minutes
avant de tourner. Tout a été fait en spontané avec les clients et les
serveuses, y compris le baiser de la barmaid.
Etiez-vous au courant de l’existence de cette librairie plus ou moins
consacrée à Jack Kerouac ?
Le
scène dans la librairie n’était pas prévue non plus, on ne savait pas
qu’elle était là avant le tournage. Nous connaissions les prochaines étapes
une demi-heure avant. Quelque fois le réalisateur n’aimait pas l’endroit
prévu, on pliait bagage pour trouver autre chose.
Aviez-vous rencontré KEVIN CORRIGAN avant le tournage car vous semblez
très complices à l’écran ?
Nous
nous sommes rencontrés pendant un journée, peu de temps avant le début du
tournage. Nous sommes devenus de très bons amis au cours du tournage. Nous
nous apprécions beaucoup.
Milos Forman était au courant du tournage ?
Milos
Forman était au courant du tournage car son producteur est lui-même
co-producteur d’American Saint.
Lui-même était consultant.
Aviez-vous lu du Kerouac avant le tournage ?
J’ai
lu Kerouac il y a très longtemps et je l’ai relu après le tournage …
Qu’est-ce que vous croyez ?!
Le film a-t-il déjà été projeté aux Etats-Unis ?
Nous
avons projeté le film a Memphis et Kansas City où il a été très bien reçu.
Ce sont des endroits où il y a eu beaucoup de shootings, c’est pourquoi
nous avons fait les premières projections là-bas. Les gens ont beaucoup aimé.
(…)
Il a également été bien reçu dans les petites villes car, aux Etats-Unis,
elles ont quasiment toutes leur propre festival ; c’est un film plus
proche de ce genre de public.
American
Saint ne pourrait pas survivre dans un circuit de distribution large car
il a réellement été fabriqué de manière indépendante.
Pourquoi n’y a-t-il pas de générique de fin ?
Malheureusement,
il n’y avait plus assez d’argent pour en faire un ! Le film n’a
toujours d’ailleurs toujours pas de distributeur, ni aux Etats-Unis ni en
Europe. (…) Il n’est pas prévu de faire de projections dans d’autre
pays d’Europe pour l’instant par manque d’argent.
Un
plaisir tout simple
Si vous croisez, ici ou ailleurs, le chemin d’American
Saint, n’hésitez pas à aller à sa rencontre. Ce film est surprenant
et drôle ; ses personnages, fictifs ou réels, sont attachants. En matière
de road-movie Thelma et Louise était
peut-être LA référence, mais la traversée du pays que nous propose Joseph
M. Castello vaut un sérieux détour.
Céline
Berger
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