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LUMEN
L’émoi de la photo

La photographie, la rue, le public
(archive)

Lumen. Patronime-manifeste pour une association de jeunes photographes orléanais. Objectif ? Faire de la photographie une base d’échange avec le public, un creuset commun pour la promotion collective de leur pratique. Avec la volonté de toucher le plus grand nombre, celui qui ne fréquente pas forcément les lieux-panthéons de l’art. Sortir de l’institution, quelle qu’elle soit, comme si les murs des « cubes blancs » que sont les galeries ne suffisaient plus à absorber le besoin de dialogue artistique. Une pratique comme un droit de « cité », non plus au sein chaud et réconfortant de la reconnaissance du milieu, mais là où la vie se fait, se noue, se fracture aussi.

Retour sur image !

1999. En quelques semaines, une exposition est bouclée dans l’urgence matérielle : L’émoi de la photo. La préoccupation du public amène l’équipe à se tourner vers la rue, domaine public par excellence. De la rue à la vitrine il n’y a qu’un pas. Les vitrines des commerces du centre-ville sont les cimaises des photographies exposées pendant un mois. Une trentaine de lieux (bars, tous commerces, faculté de l’université) se partage les clichés d’à peu près autant de photographes. L’émoi de la photo est itinérant, ponctuation photographique, marathon calme de celui qui prendra le temps d’observer, comme de celui qui jettera un coup d’oeil distrait en passant sur sa route vers... Entretien avec Valérie Leray, présidente de Lumen.

Photo : Laurent Abert Blois, une piétonne. Photo Antoine Esteban - octobre 92 Photo : Malik Nejmi

Au départ comme souvent, c’est une rencontre ?

L’association Lumen a effectivement débuté avec la connaissance de Malik Nejmi, qui désirait fonder une association. Nous nous sommes rapprochés de deux autres personnes qui avaient le même projet. Très vite celui-ci s’est imposé. Le but de l’association était de se rencontrer car, en général, les photographes en France travaillent seuls. Les groupements ne sont pas chose commune contrairement à l’Allemagne où l’on se réunit pour des échanges techniques, des discussions.

Nous nous sommes faits connaître en organisant des accrochages éphémères d’un soir ou d’une journée dans des salles de concerts ou lors de festivals musicaux. Nous voulions retrouver à égalité les notions de public, de ville et de photographie dans des expositions hors des lieux dédiés. Nous avons décidé de travailler avec les commerçants, en essayant de privilégier un parcours de rues qui soit lisible. La majorité des photographes qui ont participé à L’émoi de la photo 1999 sont de jeunes praticiens qui se battent pour que la photographie soit un métier décent pour eux. Mais la programmation comptait également des personnes comme Armand Vial, qui est un artiste confirmé.

Quel bilan tirer de la première édition ?

En ce qui concerne la réception du public, les étudiants nous ont donné un bon retour, mais il reste difficile de connaître l’opinion du « grand » public. Nous savons néanmoins que cela a permis à des gens de s’interroger sur le pourquoi de ces clichés dans les vitrines. Les commerçants ont perçu un intérêt manifesté par le public. Des centres de loisirs sont venus faire le parcours. Manifestement, le bouche à oreille a fonctionné, et beaucoup ont joué le jeu de l’itinéraire et l’ont apprécié.

Même si c’est une manifestation hors des lieux officiels, il était essentiel que l’exposition soit d’une qualité de galerie. L’année dernière, nous avions contacté les participants en urgence, et cela a parfois posé le problème de la pertinence de l’accrochage. Quant aux commerçants, certains se sont investis totalement. D’autres ont détourné les photos à leur profit, dont certains avec la meilleure volonté du monde. D’où une confusion entre le travail exposé et le lieu qui le présente. On est arrivé à des situations « décoratives » dans certains cas. Pour la prochaine édition nous serons amené à définir un dispositif plus précis pour mieux sélectionner les lieux d’accueil.

Quel est le contenu de vos projets pour 2000 ?

Nous avons pour ambition de ne pas en rester à Orléans, d’essayer d’ouvrir la manifestation à d’autres villes de la région. Bien entendu, nous devons travailler en amont pour trouver les locaux dans ces villes. Aussi, nous pensons entrer en relation avec des lieux publics tels que médiathèques, centres dramatiques, musicaux, chorégraphiques, ou encore des cinémas. Des lieux de passages qui ne se résument pas à la tenue d’expositions, avec pourquoi pas des manifestations associées comme un cycle de projection de films sur la photographie. Une sorte de position médiane en quelque sorte, autorisant la venue d’artistes déjà reconnus. L’objectif est d’instaurer un effet d’entraînement grâce, entre autres, à leur participation. 

Vous parliez tout à l’heure des situations différentes de la photographie dans d’autres pays. Est-ce un élément qui entre en ligne de compte pour Lumen ?

Nous pensons établir des contacts avec des photographes extérieurs à la scène française. Cela doit faire l’objet d’une recherche de nouveaux partenaires. Une photographe roumaine qui travaille à Orléans, Géraldine Aresteanu, a de multiples connaissances en Roumanie, et serait prête à s’investir sur les liens entre nos deux pays. La situation pour les photographes dans ce pays étant rendue difficile à cause du manque de diffusion, de moyens de productions et de communication, la culture photographique reste embryonnaire. D’où notre intérêt à être en liaison avec ces pays où la photographie a un statut confidentiel. 

Actuellement, Géraldine fait un reportage sur les mineurs en Roumanie, et rapportera un résultat qui va créer l’échange entre nous, en dehors de toute actualité de programmation. Une sorte de vie permanente où chacun prend et donne de son temps et de ses observations. Nous en arrivons au désir de fonctionner un peu comme une agence, en dehors des expositions comme L’émoi de la photo.

Vous avez des liens particuliers avec des structures qui travaillent dans d’autres disciplines. Quel est le sens de cette mise en commun de vos activités ?

Des échanges entre différentes associations est née l’idée de créer un espace culturel, qui regroupera six associations : L’Oreille - fanzine consacrée aux musiques actuelles, Mix’Art - pratique des arts plastiques, Lobe Scène - organisation de concerts, le Fraca - fédération d’autres associations musicales dans la région, et Radio Campus de l’université d’Orléans. Cet espace culturel, appelé Ultimedia, et qui comportera un espace multimédia autour des nouvelles technologies, doit offrir une palette large et ouverte. Ensemble, nous utiliserons les différents supports que prend l’information et la diffusion de l’activité culturelle. Lumen s’oriente quant à elle vers la possibilité de donner des cours de photographie, sur la base d’une offre de formation à vocation professionnelle. Afin que chacune des associations puisse mener à bien sa mission dans un ensemble qui la dépasse, nous menons une réflexion sur la manière dont on peut mélanger les pratiques et les publics. C’est un rassemblement d’initiatives qui sont pensées comme complémentaires. Hormis les ateliers Oulan Bator qui regroupe des artistes plasticiens dans des ateliers où chacun mène sa propre démarche, ce sera en quelque sorte une première à Orléans.     

 

Propos recueillis par Gunther LUDWIG

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, a été partenaire de l'association Lumen en 2001
(du 13 octobre au 15 novembre)

 
 
L'EMOI DE LA PHOTO
Du 13 octobre au 15 novembre 2001
Pour la troisième année, l'association LUMEN - collectif de photographes - présente L'Emoi de la Photo, Rencontres photographiques d'Orléans.
Dès sa création en 1999, LUMEN a lancé ce festival, parcours d'expositions à travers des lieux publics et privés, sortant des galeries habituelles. L'Emoi de la Photo s'articule autour de la jeune photographie et lui offre un espace de diffusion. Les deux premières éditions ont ainsi permis de montrer le travail d'une soixantaine de créateurs français et étrangers et de découvrir différentes cultures de l'image.
Cette année, L'Emoi de la Photo investie à nouveau les lieux qui font vivre la ville et se décline en 23 expositions rassemblant 36 photographes français, grec, suédois, irlandais et japonais. C'est aussi l'occasion d'accueillir l'Institut d'Art, de Design et de Technologie de Dun Laoghaire – Dublin, avec une exposition des diplômes de huit étudiants au Musée des Beaux-Arts.
Pendant un mois, L'Emoi de la Photo propose de vivre la ville autrement, au gré d'un itinéraire où chacun pourra observer un "paysage" singulier de la photographie contemporaine.
C'est parce que L'Emoi de la photo appelle à une réflexion et interroge sur le statut de l'image photographique comme médium social en investissant les lieux qui font vivre la ville mais aussi parce que cette manifestation, de par la qualité des travaux exposés, la découverte de certains artistes, la pertinence de ses tables-rondes, mais tout autant par le principe même d'exposition des œuvres, qu'@xé libre a décider de l'associer à l'événement.
web : http://www.axelibre.org/

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